Petit historique de Noyers...

(références : « Gisors et ses environs » de M. CHARPILLON – 186, « Dictionnaire des communes de M. CHARPILLON - 1877)

Le territoire de la commune qui a presque la forme d'un marteau, est limité par Guerny, Vesly, Dangu, Chauvincourt, et coupé par la D 181 Gisors – Vernon. Le 28 janvier 1368, Guillaume Crespin et Jeanne de Calletot, sa femme, vendirent le fief de Noyers aux Chartreux de Paris qui le conservèrent jusqu'à la révolution.
En 1369, Guillaume de Noyers tenait en foi et hommage des Chartreux de Paris le demi-fief de haubert de Noyers.
Il laissa pour héritier, Guillaume de Bigards. Ses fils, Louis et Jacques, furent seigneurs de Noyers pour la partie relevant des Chartreux. Une charte de Gosselin-Crespin, seigneur de Dangu, appelle le village de Noyers, Nuers. La terre de Noyers, après le partage de la Normandie entre les compagnons de Rollon, dépendait de la seigneurie de Dangu.
Elle appartenait en 1500, à Jean Sublet, sire de la Guichonnière, et passa successivement, à Mathurin Sublet, Jean Sublet, François Sublet, surintendant des finances sous Louis XIII, à Mathurin Sublet, baron de Nainville, Louis Sublet, baron de Nainville et de Noyers, Marie Sublet, femme de Guillaume Groulard, puis rentra dans la famille Sublet par le mariage de Marie-Angélique Groulard avec son cousin Balthazard-Nicolas Sublet, Marquis de Lénoncourt. La famille Sublet posséda le fief de Nainville jusqu'à la révolution. A son retour de Cayenne, où il avait été déporté pendant la révolution, M. Barbé-Marbois acheta la terre de Noyers au Comte de Lénoncourt. C'est Madame la Duchesse de Plaisance, sa fille, qui la vendit en détail. La population était de 189 habitants en 1806, de 214 en 1841. Elle est descendue à 163 en 1867. Elle est d'aujourd'hui de 225 (recensement de 1999). Dans la période de 1856 à 1865, il n'y a pas eu, à Noyers, de naissance naturelle. On trouve 30 % des habitants ne sachant ni lire ni écrire, 3,06 % sachant lire, et 66,94 % sachant lire et écrire. C'est une des communes du canton qui, proportionnellement à sa population, renferme le plus de livrets de la Caisse d'Epargne (1 pour 4 habitants). Les annexes sont Nainville (Nova Villa), ancien fief appartenant à l'archevêché de Rouen, et la Tuilerie. A cette époque, Noyers dépend de la perception et du bureau de poste de Dangu, de la recette des contributions indirectes d'Etrépagny, à la paroisse de Dangu. Son territoire contenait 532 ha

Le Château...

(références : « Les carmélites de Gisors » de Louis REGNIER édité en 1900, recueil d'articles parus dans les bulletins
d'information de la commune)

M. SUBLET de la GUICHONNIERE, Seigneur de Noyers depuis 1579 souhaitait faire venir d’Espagne quelques carmélites de la réforme de Sainte Thérèse afin d’établir l’Ordre en France. C’est dans cet optique qu’il bâtit le château et qu’il disposait cette habitation de telle façon que l’on pût facilement la transformer en maison de religieuses.
Ce château n’existe plus malheureusement tel qu’il était en 1633.
S’il rappelle encore aujourd’hui, par son plan et la disposition de l’ensemble, le « château neuf » de Saint Germain en Laye, bâti sous Henri IV, on peut assurer que l’aspect général a subi de profondes modifications. Les huit arcades simulées au rez-de-chaussée de chacune des deux ailes ne semblent même pas contemporaines
de l’œuvre primitive, et il vaudrait mieux voir le résultat de travaux entrepris pendant la première moitié du règne de Louis XIV.
Le parcours de la famille SUBLET mérite que l’on s’y attarde  par le rôle qu’elle a joué dans l’histoire de la rénovation religieuse aux XVIème et XVIIème siècle. Les SUBLET étaient d’origine du Blésois. Deux d’entre eux, deux frères, vinrent s’établir dans le Vexin Normand sous le règne de Henri II. L’aîné, Mathurin, sieur de la Guichonnière, trésorier des cent suisses de la garde du roi, receveur des tailles en l’élection de Gisors, mourut en cette ville le 2 mai 1559, laissant de son mariage avec Françoise Allais, laquelle lui survécut jusqu’au 7 octobre 1597, un fils, Jean, qui fut la tige des Sublet de Noyers. Le frère cadet, Michel, sieur de Villejumer, hérita d’abord des charges de son aîné, fut ensuite trésorier général de l’artillerie et occupa dans les finances diverses situations importantes. Anobli en 1574 et marié à Marie Boulier, héritière de la terre d’Heudicourt, il créa la branche des Sublet d’Heudicourt. Ces deux fils d’un modeste notaire de Blois, devaient, dit-on, leur fortune à la sollicitude de leur frère aîné, Claude Sublet, sieur de Saint Etienne, que ses fonctions de précepteur des filles de Henri II avaient placé à la source des faveurs. Jean Sublet, sieur de la Guichonnière, acquit successivement d’Antoine de Bigards et des Chartreux de Paris, les deux fiefs composant la seigneurie de Noyers, et un peu plus tard, il obtint de son gendre Charles Le Prevost, la cession d’un autre domaine voisin, celui de Nainville, qualifié de Baronnie. Ce fut Jean Sublet, né à Paris le 19 juillet 1553, qui fit bâtir le premier château de Noyers. Le plus connu des membres de la famille Sublet, est certainement François, seigneur de Noyers et de la Boissière, fils aîné de Jean Sublet et né le 14 mai 1589. Il possédait la charge de trésorier de France à Rouen quand il épousa, en 1613, l’héritière d’une famille de fonctionnaires de la Chambre des Comptes, Isabeau Le Sueur.
Il fut admis ensuite au nombre des secrétaires de la chambre du roi et devint secrétaire des finances de Gaston de France, membre du Conseil d’Etat et du conseil privé, puis fut contrôleur général des finances à Paris. Cinq ans plus tard, il se vit nommé à l’un des quatre postes d’intendant des finances. Le seigneur de Noyers devint surintendant des bâtiments en 1638. L’administration de Noyers aura de nombreux et importants résultats. Les bâtiments royaux seront entretenus ; le Louvre sera continué ; plusieurs artistes seront envoyés en Italie car la mode est à l’antiquité et Sublet se trouvera ainsi le premier et l’un des plus actifs artisans de cette « romanisation ».  Il eut également l’idée de faire revenir d’Italie Nicolas Poussin. En donnant pour titre à son étude historique « Sublet de Noyers, précurseur de Louvois et de Colbert », M. SCHMIDT a indiqué l’importance du rôle joué de 1632 à 1645 par le fils de Jean Sublet. François Sublet eut deux enfants, un fils et une fille. Le fils, Guillaume, ne se maria pas et mourut à Noyers le 29 octobre 1673. François Sublet mourut à Dangu en 1645 à l’âge de 59 ans.  
Au 19ème siècle, la terre a été possédée par M. Barbé de Marbois, qui l’avait achetée au retour de son exil à Cayenne. Il y est mort en 1837. Cette longue résidence a valu à la contrée des bienfaits publics, dont le donateur, peu de temps avant sa mort, confia les plus importants, pour être répartis selon ses volontés, à M. Antoine Passy, alors préfet du département. La commune de Noyers a été dotée de fontaines publiques, d’une maison d’école avec fondation pour l’instituteur, d’une rente de 150 francs pour aider les habitants à convertir en tuiles les couvertures de chaume, 4 000 francs pour l’amélioration des écoles, 8 000 francs pour la réparation des couvertures dans le canton de Gisors, 20 000 francs pour tout l’arrondissement en faveur des couvertures, 25 000 frs pour les écoles.
Puis le château est devenu propriété de M. Roycourt, agriculteur de Noyers.

La Chapelle...

(références : « Gisors et ses environs » de M. CHARPILLON – 186, « Dictionnaire des communes de M. CHARPILLON - 1877)

La construction de la chapelle, en l'état actuel, remonte à Jean Sublet (1553 / 1617), seigneur de Noyers et de la Guichonnière, baron de Dangu. L'église de Noyers, dédiée à Notre Dame, fut donnée en 1075, avec la dîme de la paroisse, par Raoul et Roger de Noyers, frères, à l'abbaye de Marmoutiers. Vers le 13ème siècle, c'était le seigneur de Dangu qui présentait la cure. En 1501, les Chartreux de Paris y présentaient, mais depuis de 18ème siècle, la présentation appartenait au seigneur avec l'agrément des Chartreux.
Noyers était autrefois une paroisse du diocèse de Rouen. Aujourd'hui, elle appartient à celui d'Evreux. Le chœur possède une très belle voûte de bois en carène de bateau renversée, décorée de peintures bleue et or avec dessin d'ancres marines dont l'origine est inconnue. Située à droite du château, la chapelle communiquait
autrefois directement avec lui par une galerie aboutissant à la tribune, aujourd'hui détruite. Dans le transept nord, trois pièces sont désormais condamnées : un caveau seigneurial, une chapelle mortuaire et la loggia seigneuriale. On note la présence de quelques objets intéressants : une vierge de bois polychrome du 16ème siècle et une statue de Saint Onuphre en pierre polychrome du 15ème siècle, une statue de Sainte Anne et la Vierge, un plâtre sculpté de Sainte Barbe (16ème s.), une grande vierge en bois du 17ème s., un grand christ de bois polychrome, monté sur une croix très ancienne à fleurs de lys qui orne le fond de l'abside. Sur le porche d'entrée, est gravé : « Anno domini 1789 », marque sans doute de la fin des travaux de transformation. Les traces d'existence de la chapelle de Noyers, comme lieu de culte dédié à Notre Dame, remonte à 1075, année où elle est donnée à l'abbaye de Marmoutiers qui possède des terres à Noyers et Vesly. Puis l'église et les terres font partie des possessions du Seigneur de Dangu qui, vers 1368, vend le fief de Noyers aux moines Chartreux. Ils y conservent le culte jusqu'à la révolution. Le château et la chapelle sont acquis en 1948 par la Caisse Régionale de Sécurité Sociale de Normandie pour en faire une maison de convalescence. Pour la première fois, en 1998, cette cession séparera la chapelle du reste de la propriété du château de Noyers. L'église retrouvera sa vocation paroissiale : baptêmes, mariages, funérailles et fêtes religieuses pourront de nouveau y être célébrés. Noyers fait partie de la communauté des cinq clochers, avec Guerny, Vesly, Dangu et Neaufles Saint Martin.